Approche inclusive de mise en œuvre des solutions fondées sur la nature pour l’adaptation aux changements climatiques en Afrique de l’Ouest
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Les zones côtières et marines d’Afrique de l’Ouest figurent parmi les territoires les plus vulnérables aux effets des changements climatiques. L’érosion côtière, la montée du niveau de la mer, la dégradation des mangroves et la salinisation des terres affectent directement les écosystèmes et compromettent les moyens de subsistance des communautés riveraines. Dans ce contexte, les approches reposant uniquement sur des solutions techniques ou infrastructurelles montrent leurs limites, renforçant l’intérêt pour les solutions fondées sur la nature (SFN) comme leviers d’adaptation durable conciliant résilience climatique, conservation de la biodiversité et développement local.
Lancé en 2023 et financé par Affaires mondiales Canada, le projet Solutions écosystémiques d’adaptation durable (SEDAD), mis en œuvre par le Cégep de la Gaspésie et des Îles, s’inscrit dans cette dynamique en plaçant les SFN au cœur de ses interventions. Le projet adopte une approche intégrée et inclusive visant à renforcer l’adaptation des communautés aux changements climatiques, tout en promouvant le leadership féminin, la participation des jeunes et la gouvernance locale des ressources naturelles.
Le projet intervient dans cinq aires protégées écologiquement stratégiques et particulièrement exposées aux impacts climatiques : le parc national du Banc d’Arguin en Mauritanie, les parcs de Niumi et de Jokadu en Gambie ainsi que les aires marines communautaires protégées d’Ufoyaal Kassa-Bandial et de Kalone Bliss Kassa en Casamance, au Sénégal.
Dans ces zones d’intervention, le projet SEDAD apporte des réponses concrètes à plusieurs menaces climatiques majeures, notamment l’érosion côtière, la dégradation des mangroves et la salinisation des terres. À travers la mise en place d’ouvrages antiérosifs fondés sur des principes écosystémiques, notamment les épis Maltais Savard, près de deux kilomètres de côtes ont été protégés.
Au-delà des solutions techniques, le projet repose sur une mobilisation active des communautés locales, avec une attention particulière portée à la participation des femmes et des jeunes aux processus de planification, de mise en œuvre et de suivi des actions. Cette approche participative favorise l’appropriation locale des enjeux climatiques et le renforcement de la résilience territoriale.
À travers l’analyse croisée des expériences menées dans les différentes zones d’intervention du projet SEDAD, cet article examine comment une approche inclusive des SFN contribue à renforcer l’adaptation aux changements climatiques en Afrique de l’Ouest et met en lumière des enseignements transférables à d’autres territoires côtiers et marins confrontés à des défis comparables.
Interventions des différents acteurs
Pilotage et mise en œuvre des solutions fondées sur la nature
Coordination des opérations – Nicolas Gueye Mbengue
Intégration de l’approche inclusive dans la mise en œuvre opérationnelle des solutions fondées sur la nature
L’inclusion dans la mise en œuvre des solutions fondées sur la nature (SFN) est primordiale : elle constitue même la clé du succès de toute initiative de ce type. L’un des critères du standard de l’Union internationale pour la conservation de la nature porte précisément sur la participation et la gouvernance inclusive dans la mise en œuvre des SFN. À ce titre, l’ensemble des parties prenantes doivent être impliquées à toutes les étapes du processus, depuis l’identification et la conception jusqu’au suivi et à l’évaluation des initiatives.
Dans le cadre du projet Solutions écosystémiques d’adaptation durable, plusieurs ateliers et missions de diagnostic participatif ont été menés. Ils ont permis de trouver des SFN inclusives, visant à renforcer la résilience à la fois des écosystèmes et des communautés locales. Lors de la phase de mise en œuvre du projet, un comité de travail consacré au genre et à la gouvernance participative a été formé. Ce dispositif a notamment favorisé la mobilisation des femmes leaders et des jeunes. En outre, l’équipe du projet a réalisé une étude sur les savoirs locaux avec le Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine, a effectué le suivi scientifique de la biodiversité et a produit des données probantes pour appuyer la prise de décision. Son travail a également conduit à l’élaboration de plans locaux d’adaptation aux changements climatiques en partenariat avec le Centre de Suivi Écologique.
Cette approche intégrée a permis d’adapter et de calibrer les interventions en fonction des contextes nationaux, tout en répondant de manière ciblée aux besoins spécifiques des communautés et des écosystèmes concernés.
Enseignements opérationnels issus de la mise en œuvre sous-régionale des solutions fondées sur la nature
Premièrement, l’implication des communautés et des partenaires de mise en œuvre dès le début du processus a constitué l’un des leviers majeurs pour favoriser l’appropriation et l’efficacité des actions. Les dynamiques communautaires variant fortement d’une zone à l’autre, la mise en place d’un cadre privilégiant la participation s’est révélée déterminante.
Deuxièmement, chaque initiative de SFN, en fonction des défis sociétaux auxquels elle répond, nécessite une démarche distincte. À cet égard, l’identification et la définition des défis de société ont permis de mieux cadrer les interventions et de les aligner sur les besoins réels des sites concernés.
Troisièmement, à l’échelle sous-régionale, bien que la recherche de synergies entre les différentes initiatives soit souhaitable, la prise en compte effective de la connectivité écologique et socioculturelle demeure un véritable défi. Cela implique de concevoir les initiatives selon des géométries variables, adaptées aux contextes locaux et transfrontaliers.
Par ailleurs, certaines SFN peuvent nécessiter l’intégration partielle de solutions dites « grises » afin d’en renforcer l’efficacité. Dans ce contexte, la réalisation d’analyses coûts-bénéfices apparaît indispensable pour éclairer les choix d’intervention.
Enfin, il convient de souligner que les SFN requièrent du temps pour produire des effets durables. La durée des projets ne correspond pas toujours au rythme de la nature : cette réalité doit être pleinement intégrée dès la phase de conception, notamment en ce qui concerne les dispositifs de suivi et d’évaluation des SFN.

Intégration du genre et leadership féminin dans l’adaptation climatique Analyse de l’experte Genre – Honorine Diatta
Le leadership féminin joue un rôle crucial dans la lutte contre les changements climatiques et dans l’adaptation à ceux-ci. Il permet de transformer les femmes, autrefois considérées comme des victimes, en de véritables actrices du changement climatique et du développement durable. Dans ce contexte, le Cégep de la Gaspésie et des Îles accorde une place primordiale aux femmes dans l’ensemble de ses interventions, en particulier dans le cadre du projet Solutions écosystémiques d’adaptation durable (SEDAD).
Ainsi, le leadership féminin est concrètement intégré aux mécanismes de gouvernance et de mise en œuvre des solutions fondées sur la nature (SFN) grâce à la création et à la mise en place d’un comité de travail dans les trois pays d’intervention du projet SEDAD.
Ce comité de travail a permis de renforcer la gouvernance participative et inclusive des ressources naturelles, notamment par le renforcement des capacités selon une approche basée sur les compétences autour de cette thématique. Plus précisément, le leadership des femmes est renforcé dans différentes aires protégées du projet à travers des séances de sensibilisation sur les effets du changement climatique, sur le rôle que jouent ces femmes leaders en tant que forces motrices des stratégies d’adaptation ainsi que sur leurs capacités d’action et d’influence au bénéfice d’une meilleure gestion participative et inclusive des ressources naturelles.
Ces actions concrètes ont encouragé les Groupements d’intérêts économiques de femmes, par l’entremise de leurs présidentes, à mener davantage d’activités de sensibilisation afin d’inciter leurs communautés, en particulier les femmes et les jeunes, à s’engager activement dans la gestion et la conservation de la biodiversité. Ainsi, des émissions de radio communautaire ont été réalisées et animées sous le leadership des femmes, leur permettant de s’exprimer directement sur l’importance de la gouvernance inclusive des ressources naturelles dans un contexte de changement et d’adaptation climatiques. À travers cette communication de masse, un plaidoyer a été lancé aux autorités locales et aux leaders communautaires afin qu’ils veillent à une meilleure implication et à une meilleure représentativité des femmes dans la gouvernance des ressources et la mise en œuvre des SFN.
La forte mobilisation et la participation inclusive des communautés autour de ces actions locales et communautaires ont eu des effets positifs sur la mise en œuvre des SFN. Ce leadership a également contribué à l’amélioration des SFN en vue d’une meilleure adaptation au changement climatique. Ainsi, lors de la mise en œuvre des SFN, par exemple les digues anti-sel à Niomoune et à Cambrousse, ou encore les épis Maltais à Diembéring, les femmes bénéficiaires du projet SEDAD ont démontré leur leadership et leur savoir-faire en participant activement aux travaux.
De manière concrète, ce leadership a favorisé une meilleure compréhension et une appropriation accrue du rôle des femmes dans la gestion et la conservation des ressources naturelles. À cela s’ajoute une plus grande audace des femmes à prendre la parole en public, à participer aux processus de prise de décision liés à la gouvernance de leurs ressources naturelles ainsi qu’à prendre part aux initiatives et à la mise en œuvre des SFN. Ce leadership renforcé a également aidé les femmes à jouer pleinement leur rôle de veille et d’alerte pour une meilleure conservation de la biodiversité.
L’intégration de la dimension du genre revêt une importance capitale, car elle permet de reconnaître les impacts différenciés du changement climatique ainsi que les rôles distincts des femmes, des hommes et des jeunes. Elle favorise une plus grande implication de ces personnes dans les actions d’adaptation climatique, notamment dans la gestion des ressources naturelles et la conservation durable et inclusive de la biodiversité.
Ainsi, l’intégration de la dimension du genre dans les actions d’adaptation climatiques du projet SEDAD constitue un levier essentiel pour renforcer l’efficacité, la pertinence et la durabilité des interventions face aux défis des changements climatiques.

Solutions fondées sur la nature et réponses aux pressions environnementales
Expert Environnement – Mame Demba Diagne
Répondre aux défis d’érosion côtière, de dégradation de la mangrove et de salinisation des terres
Dans la zone d’intervention du projet Solutions écosystémiques d’adaptation durable (SEDAD) en Casamance, les communautés locales font face à des défis majeurs liés à la dégradation des écosystèmes. La disparition progressive de la mangrove, l’érosion côtière et la salinisation des terres rizicoles menacent à la fois la biodiversité et les moyens de subsistance des populations, dont les activités reposent essentiellement sur la pêche et l’agriculture.
Pour répondre à ces défis, le projet SEDAD a misé sur la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature (SFN), qui consistent à s’appuyer sur le fonctionnement des écosystèmes pour apporter des solutions durables et efficaces. Cette approche vise à restaurer les équilibres écologiques tout en améliorant la résilience des communautés locales.
Dans ce cadre, plusieurs actions concrètes ont été réalisées. La restauration de la mangrove constitue une intervention majeure. Elle vise à réhabiliter cet écosystème essentiel, qui joue un rôle clé dans la protection du littoral, la conservation de la biodiversité et le soutien des activités de pêche. Cette action contribue à inverser le processus de dégradation et à favoriser le retour des fonctions écologiques de la mangrove.
Par ailleurs, des épis Maltais renforcés de fascines ont été mis en place pour lutter contre l’érosion côtière et l’avancée du trait de côte. Ces ouvrages permettent de réduire et de dissiper la force des vagues, ce qui favorise le dépôt de sédiments entraînant la formation d’un cordon dunaire pour la stabilisation des sédiments et la protection durable du littoral. Ils créent également des conditions favorables à la régénération naturelle de la mangrove.
Des digues anti-sel en terre ont aussi été construites pour limiter l’intrusion de l’eau salée dans les rizières. Cette action contribue à réduire la salinisation des terres agricoles et à restaurer leur productivité. Elle permet ainsi aux producteurs et productrices de poursuivre leurs activités agricoles et de renforcer la sécurité alimentaire.
À travers la mise en œuvre de ces SFN, le projet apporte une réponse concrète aux défis environnementaux et socioéconomiques auxquels font face les communautés côtières. Ces actions contribuent non seulement à restaurer les écosystèmes, mais aussi à protéger les moyens de subsistance et à renforcer la résilience des populations face aux effets du changement climatique.
Cette expérience démontre que les SFN constituent une approche efficace, durable et adaptée pour concilier la protection de l’environnement et le développement des communautés locales.

Rôle des savoirs locaux et des données environnementales dans la conception des solutions
Dans le cadre de la mise en œuvre des SFN, les savoirs locaux et les données environnementales ont joué un rôle déterminant dans l’identification, la conception, l’adaptation et l’efficacité des interventions. Conformément aux principes du Standard mondial des SFN de l’Union internationale pour la conservation de la nature, l’intégration des connaissances traditionnelles et des données scientifiques constitue un levier essentiel pour garantir la pertinence et la durabilité des solutions.
Les savoirs locaux, détenus par les communautés, ont permis de mieux comprendre l’évolution historique des écosystèmes et les dynamiques environnementales. Les populations locales, à travers leur expérience, ont contribué à identifier les zones les plus exposées à l’érosion côtière, les sites prioritaires pour la restauration de la mangrove et les rizières affectées par la salinisation. Leur connaissance fine des cycles des marées, des techniques de production et de protection des terres rizicoles et des variations saisonnières a facilité le ciblage des sites d’intervention et le choix des solutions les plus appropriées.
Cette approche participative a renforcé l’appropriation des solutions par les communautés et favorisé leur implication active dans la mise en œuvre et le suivi des actions.
En parallèle, les données environnementales sont venues appuyer scientifiquement les prises de décision. Les analyses de terrain, la cartographie des zones dégradées, le suivi du trait de côte et de la salinité des sols ainsi que l’observation des dynamiques hydrologiques et océanographiques ont contribué à affiner la conception des ouvrages et des actions de restauration. Ces informations ont notamment contribué à optimiser l’emplacement des épis Maltais afin de maximiser le dépôt de sédiments, de dimensionner les digues anti-sel en terre et de sélectionner les zones les plus favorables à la régénération de la mangrove.
La combinaison des savoirs locaux et des données scientifiques a favorisé le développement de solutions adaptées au contexte écologique et socioéconomique local. Cette complémentarité contribue à renforcer l’efficacité des interventions, la résilience des écosystèmes et la durabilité des bénéfices pour les communautés.

Gouvernance locale et adaptation climatique dans les aires marines communautaires
Renforcement de la gouvernance locale des aires marines communautaires protégées en Casamance
Commandant Bafodé Cissé
Le projet Solutions écosystémiques d’adaptation durable (SEDAD), exécuté par le Cégep de la Gaspésie et des Îles, a joué un rôle structurant dans le renforcement de la gouvernance locale des aires marines communautaires protégées, en particulier en Casamance.
Son intervention s’est articulée autour de deux axes majeurs : la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature pour renforcer l’adaptation aux changements climatiques dans des zones à forte vulnérabilité, et l’instauration d’une gestion inclusive et participative des ressources naturelles.
Concrètement, le projet a permis de renforcer les capacités des femmes, des jeunes et des hommes à l’égard des enjeux environnementaux et climatiques, de former des ambassadeurs et ambassadrices climatiques et de sensibiliser les populations des AMP d’Ufoyaal Kassa-Bandial et de Kalone Bliss Kassa.
Il a également soutenu le développement d’une économie locale durable à travers la mise en place de chaînes de valeur modernes au sein de groupements féminins et l’accompagnement de microprojets entrepreneuriaux portés par des femmes et des jeunes.
Par ailleurs, le projet SEDAD a appuyé l’élaboration de plans locaux d’adaptation aux changements climatiques, renforcé la surveillance participative grâce à des moyens logistiques adaptés et soutenu le suivi bioécologique ainsi que les activités de restauration des écosystèmes. Il a également contribué au renforcement institutionnel des AMCP et à la mise en place d’un comité technique sur le genre et la gouvernance participative des ressources naturelles.
L’ensemble de ces actions a consolidé les principes de participation, de transparence, de responsabilité, d’équité et de durabilité dans la gestion locale des ressources naturelles.
Renforcement de la participation communautaire à la gestion des ressources naturelles
Depuis le lancement du projet en Casamance, financé par Affaires mondiales Canada, des changements significatifs sont observés dans l’implication des communautés locales.
On constate d’abord une appropriation accrue des infrastructures de gestion durable, notamment les mielleries, les unités de transformation, les hangars de stockage et les pirogues. Les communautés participent désormais activement à la surveillance des écosystèmes par l’entremise de comités locaux et de postes de garde implantés dans plusieurs localités.
La dynamique participative s’est également renforcée à travers des activités de concertation réunissant services techniques, comités de gestion, groupements de femmes, associations de jeunes et autorités coutumières qui discutent d’enjeux tels que l’érosion côtière, la salinisation des terres, la dégradation de la mangrove et la protection des espèces marines.
De manière plus structurante, on observe un passage progressif d’une logique d’assistance à une gestion partagée et responsable des ressources naturelles. Les femmes et les jeunes occupent dorénavant une place plus importante dans les instances décisionnelles, les pratiques de conservation se sont améliorées et les savoirs locaux sont davantage valorisés.
Globalement, la participation communautaire a évolué vers une plus grande autonomie et une responsabilisation accrue, renforçant ainsi la durabilité des actions mises en œuvre au sein des AMP.
Une lecture régionale de l’adaptation fondée sur la nature Apport du Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine – Salla Ba
Inscription du projet SEDAD dans les dynamiques régionales d’adaptation climatique en Afrique de l’Ouest
Le projet Solutions écosystémiques d’adaptation durable (SEDAD) s’inscrit pleinement dans une dynamique régionale en Afrique de l’Ouest à travers l’action du Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine. Il contribue au renforcement des partenariats, au développement de synergies régionales et à la valorisation d’approches innovantes en matière de conservation.
À titre d’exemple, l’organisation de visites d’échanges a donné lieu au renforcement et à l’élargissement des partenariats à l’échelle régionale. Ces échanges ont notamment favorisé la collaboration avec l’aire marine protégée de Saint-Louis, en vue de mieux comprendre les défis liés à l’érosion côtière, la coopération avec l’organisation non gouvernementale AGIRE, qui œuvre autour de la protection et de la restauration des mangroves, ainsi que le recours à l’expertise du Centre de Suivi Écologique.
Ces initiatives ont également réuni autour d’une même activité les principaux acteurs de mise en œuvre du projet, notamment la Direction des aires marines communautaires protégées du Sénégal, la Direction des Parcs et de la Gestion de la Faune de la Gambie et le Parc national du Banc d’Arguin. Elles ont favorisé une interaction directe entre les communautés locales des trois pays, en particulier les jeunes et les femmes.
Le projet SEDAD a aussi contribué à la valorisation d’approches nouvelles et pertinentes dans ce cadre. Une étude portant sur les connaissances et les pratiques traditionnelles liées aux solutions fondées sur la nature (SFN) a été réalisée, ainsi qu’une stratégie de plaidoyer axée sur la gouvernance participative et la promotion des SFN.
Contribution des partenariats régionaux à la diffusion et à la pérennisation des solutions fondées sur la nature
Les partenariats régionaux jouent un rôle clé dans la pérennisation des solutions fondées sur la nature, notamment par la transmission d’expertise et d’expériences ainsi que par l’influence des décisions politiques aux échelles locale, nationale et régionale.
À titre d’exemple, le Forum du PRCM est devenu un lieu de rencontre incontournable pour tous les acteurs impliqués dans la protection des écosystèmes marins et côtiers en Afrique de l’Ouest. Il offre une plateforme unique d’échanges entre sociétés civiles nationales et internationales, gouvernements, parlementaires, scientifiques, secteur privé et bailleurs de fonds.
Tous ces acteurs de la conservation s’y réunissent pour débattre, décider et agir. L’édition 2024 du Forum a notamment offert l’occasion de promouvoir le projet SEDAD. Plus de 25 acteurs impliqués dans le projet ont participé au Forum, et les partenaires ont contribué à plusieurs événements parallèles, ateliers techniques et tables rondes.
La prochaine édition du Forum du PRCM, prévue en 2026, offrira une nouvelle occasion de valoriser, de mettre à profit et de renforcer la visibilité des résultats et de la portée du projet SEDAD à l’échelle régionale.

Suivi scientifique et production de connaissances pour l’adaptation climatique
Centre de Suivi Écologique – Marième Soda Diallo
Rôle du suivi scientifique dans la prise de décision et l’évaluation des retombées
Les solutions fondées sur la nature (SFN) apparaissent aujourd’hui comme des options crédibles pour répondre à plusieurs défis sociétaux, notamment en matière de gestion des risques côtiers en Afrique de l’Ouest.
Si des résultats tangibles ont été observés à court terme, notamment à la suite du réengraissement de plages, de la fixation de dunes, du reboisement ou encore de la construction de digues en terre, leur efficacité à long terme demeure un défi.
En effet, à l’issue des projets, l’absence de mécanismes de suivi des réalisations peut limiter la disponibilité d’informations sur les retombées durables des interventions.
Dans ce contexte, le projet SEDAD a appuyé l’élaboration d’un protocole de suivi des plages où des infrastructures favorisant le dépôt de sable ont été installées, ainsi que dans les zones protégées par des digues en terre.
La mise en place de ce dispositif de suivi permet de documenter les retombées réelles des SFN, d’évaluer leurs impacts environnementaux et sociaux dans le temps et d’éclairer la prise de décision. Elle favorise également l’apprentissage et l’adaptation des interventions en vue d’une mise à l’échelle dans des contextes semblables.
Indicateurs de suivi de l’efficacité des solutions fondées sur la nature
L’approche méthodologique développée dans le cadre du projet repose sur une combinaison d’outils modernes : GPS différentiel, drones, systèmes d’information géographique (SIG), plateformes satellitaires et pratiques accessibles aux communautés locales.
Les indicateurs privilégiés sont volontairement simples et adaptés aux capacités locales afin de garantir la pérennité du suivi. Par exemple, l’épaisseur des sédiments déposés peut être mesurée par les communautés à l’aide d’instruments simples, comme le décamètre.
Ces données de terrain sont complétées par des indicateurs issus de l’observation de la Terre et du traitement d’images satellitaires.
Le choix d’indicateurs accessibles à la fois aux communautés, aux gestionnaires des sites et aux services techniques décentralisés constitue un gage de durabilité du dispositif. Il permet de produire des données fiables, d’objectiver l’efficacité des interventions et de renforcer l’appropriation locale des solutions mises en œuvre.
Conclusion et recommandations Synthèse des enseignements et résultats
La mise en œuvre du projet Solutions écosystémiques d’adaptation durable (SEDAD) en Afrique de l’Ouest confirme la pertinence des solutions fondées sur la nature comme approche d’adaptation aux effets des changements climatiques dans les zones côtières et marines.
Les interventions menées ont répondu de manière concrète à plusieurs enjeux environnementaux majeurs, notamment l’érosion côtière, la dégradation des mangroves et la salinisation des terres. Les actions de restauration écologique et la mise en place d’ouvrages fondés sur les dynamiques naturelles ont contribué à renforcer la protection des écosystèmes et à soutenir les moyens de subsistance des communautés locales.
Le projet SEDAD met également en évidence l’importance de la participation des communautés à l’ensemble du processus. L’implication des femmes, des jeunes et des acteurs locaux a favorisé une meilleure appropriation des actions et renforcé la dynamique de gestion partagée des ressources naturelles.
Enfin, grâce à l’articulation entre savoirs locaux, données environnementales et accompagnement technique, les interventions ont pu être adaptées aux contextes spécifiques des territoires concernés.
Recommandations pour la réplication des solutions fondées sur la nature inclusive
À partir des expériences menées dans le cadre du projet SEDAD, les éléments suivants peuvent être retenus pour la mise en œuvre de futures initiatives comparables :
- Renforcer la participation des communautés locales dès les phases de conception et de planification des interventions.
- Consolider l’implication des femmes et des jeunes dans les mécanismes de gouvernance et de mise en œuvre.
- Favoriser l’intégration des savoirs locaux et des données scientifiques dans la conception des solutions.
- Mettre en place des dispositifs de suivi adaptés permettant d’accompagner l’évolution des interventions dans le temps.
- Encourager les échanges d’expériences entre acteurs à l’échelle régionale afin de renforcer l’apprentissage et la valorisation.
AUTEURS
Cégep de la Gaspésie et des Îles – Bureau en Afrique de l’Ouest
Coordination rédactionnelle
Mintou Faye
Contribution méthodologique et terrain
Nicolas Gueye Mbengue, coordonnateur des opérations
Analyse sur l’intégration du genre et le leadership féminin
Honorine Diatta, experte Genre
Analyse technique et écologique des solutions fondées sur la nature
Mame Demba Diagne, expert Environnement
Direction des aires marines communautaires protégées du Sénégal (DAMCP)
Gouvernance et retour terrain
Bafodé Cissé, point focal projet SEDAD
Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine (PRCM)
Perspective régionale et partenariats
Salla BA, coordonnatrice de projet
Centre de Suivi Écologique du Sénégal (CSE)
Suivi scientifique et indicateurs
Marième Soda Diallo, coordonnatrice de projet