Historique

Depuis 1960, la Gaspésie comme l'ensemble du Québec a connu une rapide et intense scolarisation. Avec la création du ministère de l'Éducation, on vit naître, en 1964, les commissions scolaires régionales de la Baie-des-Chaleurs, de la Péninsule, des Monts et Gaspésia, desservant toute la péninsule au niveau de l'enseignement secondaire. Parallèlement, furent mises en place les commissions scolaires locales, responsables de l'enseignement primaire. En même temps que s'organisaient ces nouvelles commissions scolaires et que l'on construisait tout autour de la Gaspésie un chapelet d'écoles polyvalentes, les Gaspésiens eurent à livrer bataille pour conserver et développer chez eux le niveau collégial d'enseignement.


Le ministère de l'Éducation s'apprêtait alors à organiser à travers le Québec un réseau de collèges publics. À Québec, les fonctionnaires décidèrent qu'il n'y aurait pas de collège public en Gaspésie et que pour mieux instruire la jeunesse gaspésienne, il faudrait la confier au Collège de Rimouski.


Le 21 août 1965, le ministre de l'Éducation, Paul Gérin-Lajoie, se présenta à Fort-Prével pour annoncer officiellement la nouvelle. L'annonce eut l'effet d'une bombe et, devant les vives réactions de la population, le gouvernement se ravisa. Les institutions d'enseignement collégial de la Gaspésie s'organisèrent en un comité qui s'appela le "Comité d'organisation du Cégep en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine". Démarches, pourparlers et correspondances se succédèrent et, le 22 novembre 1967, la Mission des cégeps, création du ministère de l'Éducation, se rendait à Gaspé pour y entendre les Gaspésiens plaider leur cause.

À l'issue de la rencontre, la confiance régnait et le 19 mars 1968, le nouveau ministre de l'Éducation, Jean-Guy Cardinal, annonçait la création du Cégep de la Gaspésie à Gaspé. Cette victoire fut importante. On ne peut raisonnablement penser que, privée de cégep, la jeunesse gaspésienne aurait pu aussi facilement accéder aux études collégiales.


En 1968, était institué, à Gaspé, le Cégep de la Gaspésie, avec une section francophone, une section anglophone et un service de l'éducation permanente.

Cette institution d'enseignement général et professionnel intégra les maisons d'éducation suivantes : le Séminaire de Gaspé (agrandi au début des années 50), l'École des infirmières de l'Hôtel-Dieu de Gaspé, l'École des pêcheries de Grande-Rivière, l'École des métiers de Gaspé, les Écoles normales anglaises et françaises de Gaspé, Carleton, Sainte-Anne-des-Monts et des Îles-de-la-Madeleine.

Le Cégep de la Gaspésie et des Îles a ainsi pris la relève d'une tradition d'enseignement postsecondaire et universitaire qui s'était établie en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine à coups d'efforts depuis le début du siècle. Il a bien rempli la mission qui lui a été confiée, soit celle d'assurer l'accessibilité aux études supérieures à tous les Gaspésiens et Madelinots.


En 1983, le gouvernement du Québec reconnaissait l'importance du secteur des pêches pour la région et pour le Québec, en créant, à Grande-Rivière, le Centre spécialisé des pêches, qui allait devenir l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec.


En 1983, naissait aux Îles-de-la-Madeleine, un campus collégial, le Centre des Îles.


En 1989, était créé dans la Baie-des-Chaleurs, un autre campus collégial, le Centre de Carleton.


Parallèlement, l'Université du Québec à Rimouski se préoccupait, dès 1969, de la décentralisation de son enseignement et du développement de programmes à temps partiel sur un vaste territoire s'étendant de La Pocatière à Gaspé, en plus des Îles-de-la-Madeleine et de la région de Hauterive. À cet effet, une première entente était conclue entre l'université et les services d'éducation permanente des cégeps, dès 1971, dans le but d'établir une collaboration et un partage des clientèles étudiantes adultes. Cependant, c'est à partir de 1974 que l'UQAR amorce une véritable politique de décentralisation de son enseignement à temps partiel, avec la création de trois bureaux régionaux à Gaspé, Carleton et Matane. Ces trois centres regroupaient l'ensemble du territoire gaspésien, y compris les Îles-de-la-Madeleine.