Bibliothèque du Campus des Iles-de-la-Madeleine

Propositions de lecture

L'esprit de l'ivresse

Un homme rentre chez lui, fatigué, usé par l’âge et les regrets. La nuit va tomber, les Iris, sa banlieue parisienne, se dressent dans le crépuscule entre épreuve et destination. Ce trajet familier, Youssef Chalaoui pressent confusément qu’il lui sera fatal. Mais il en ignorera l’impact profond, irrévocable, sur le quartier, ses habitants, le pays. Cette nuit-là, au terme d’un long et hésitant et macabre ballet, la périphérie s’enflamme. Et bientôt, la France entière bascule.
Dans L’Esprit de l’ivresse, la révolution est traitée hors champ; comme les bouleversements organiques du grand corps malade de la société contemporaine. Chorégraphique et musical, le roman procède par mouvements amples. À la course désordonnée et assoiffée de liberté de Clara S., l’égérie malgré elle, répond la fuite ouatée du Président Henri Dumont, bloc de souffrances et d’indécision. Chacun cherche en lui-même un élan radical, un feu qui brûle jusqu’aux lendemains, un ressort contre l’impuissance dérisoire et l’acharnement magnifique que recouvre l’idée de destin.
C’est par les corps individuels que Loïc Merle pénètre et explore la chair collective d’une Grande Révolte imaginaire dont la proximité plausible (inévitable?) saisit le lecteur. Par les corps que s’exprime le besoin désespéré d’être ensemble et d’être plusieurs, face à l’engrenage du réel – et de la realpolitik – qui broie les êtres et les âmes, atrophie les esprits, avorte la notion même d’avenir.
Cette nuit des hommes, l’auteur la dessine d’une phrase riche et lumineuse, légèrement étourdie, comme exactement ivre. Car, semble-t-il nous dire, de vital et de salvateur, ne nous restera-t-il bientôt plus que l’esprit de l’ivresse? C’est une des questions cruciales qui traversent ce premier roman d’une ampleur et d’une ambition rares.    848.92 / M564e

Source : www.actes-sud.fr

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La conquête sociale de la Terre

D'où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous? Pour répondre à ces questions, Edward O. Wilson nous conduit à travers le labyrinthe de l'évolution depuis le dernier ancêtre commun des chimpanzés et des humains il y a six millions d'années jusqu'à l'homme moderne, fruit d'une sélection naturelle par coévolution génétique et culturelle dans deux directions souvent opposées : l'individu et le groupe. Toujours tiraillés entre les impératifs personnels et ceux du groupe, nous sommes irrémédiablement à la fois égoïstes et altruistes, capables du meilleur comme du pire. Même nos croyances religieuses, nos comportements sociaux, nos relations interindividuelles, notre morale seraient des processus évolutifs en partie commandés par la sélection de groupe. Et c'est leur rôle dans la survie et la reproduction de nos ancêtres qui expliquerait leur prééminence dans les sociétés actuelles. Une synthèse très accessible des dernières connaissances en neurosciences, en psychologie cognitive et en biologie de l'évolution qui jette une lumière inattendue sur l'évolution de l'homme et l'origine de sa culture.    599.938 / W747c

Source : http://editions.flammarion.com

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Un monde beau, fou et cruel

Au pays arc-en-ciel de Mandela, la violence et le racisme n'en ont pas fini de distiller leur poison mortel. Professeur au Zimbabwe, Jabulani n'a d'autre choix que de fuir la répression qui s'abat sur son pays. Comment imaginer ce qui l'attend de l'autre côté de la frontière? Aussitôt kidnappé par des trafiquants, il découvre une réalité à mille lieues du rêve sud-africain. Jeune étudiant au Cap, Jero peine à trouver sa place dans un monde de dealers où la progression des bidonvilles ne cesse de brouiller les cartes. Un monde où tour à tour le courage et l'indifférence peuvent sceller le sort d'un réfugié, et l'amour décider de frapper au moment où l'on s'y attend le moins. Troy Blacklaws convoque toute la puissance poétique de son écriture pour croquer deux destins parallèles dans l'Afrique du Sud d'aujourd'hui où chacun lutte à sa façon pour survivre, tandis que se côtoient la violence quotidienne et la beauté envoûtante des hommes et des lieux.    828.92 / B628m

Source : http://editions.flammarion.com

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Traiter avec le diable? Les vrais enjeux de la diplomatie au XXIe siècle

Parler avec l’ennemi, comprendre ses perceptions et ses objectifs, chercher à résoudre des conflits, telles sont les raisons d’être de la diplomatie.

 

Mais à quoi sert-elle encore quand l’ennemi a pris les traits du diable, à l’instar d’un Ben Laden, d’un Saddam Hussein ou, plus récemment, d’un Bachar el-Assad? Comment expliquer le succès de cette rhétorique du bien et du mal depuis quelques décennies? Et peut-on penser autrement les relations internationales aujourd’hui?

 

Dans cet essai ambitieux et foisonnant, Pierre Grosser puise dans l’histoire, l’actualité internationale et même la psychologie pour mettre au jour les impasses du processus de diabolisation. Il montre comment celui-ci se nourrit des « leçons de l’histoire » – de la « capitulation » de Munich à la guerre froide – légitimant ainsi toutes les danses de la guerre juste. Il analyse aussi les prismes cognitifs qui rendent difficiles les interactions avec l’adversaire, une fois celui-ci diabolisé. Enfin, dénonçant les mythes d’une sécurité totale et d’une stratégie parfaite, Pierre Grosser rappelle la complexité des choix qui s’offrent à nos dirigeants et redonne ainsi tout son sens à l’action diplomatique.    327.1 / G878t

Source : www.odilejacob.fr

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Mudwoman

Mudwoman est la confession d'une femme tragiquement vulnérable -Meredith Ruth Neukirchen, alias M.R.- qui semble pourtant être une battante, du moins pour la vitrine. Présidente d'une prestigieuse université américaine, première femme à occuper ce poste, elle est, à 41 ans, une sorte d'icône. Progressiste, intègre, éloquente, titulaire d'un doctorat de philo, elle s'apprête, en octobre 2002, à aller prononcer un discours devant des têtes pensantes, dans les Adirondacks.  

Un roman magistral où notre condition est confrontée à la sauvagerie la plus sordide

Un voyage lourd de sens, pour elle, car cette région désolée est celle où elle a grandi. Et où se sont embourbés ses souvenirs, un cortège de cauchemars qui remontent à ce jour funeste d'avril 1965 où, à l'âge de 3 ans, elle fut abandonnée dans les marécages nauséabonds par une mère démente, avant d'être miraculeusement sauvée de la mort par un braconnier puis adoptée par un couple de quakers. Ce passé si traumatisant ne cessera de hanter M.R., qui livre un combat bouleversant pour ne plus être une « mudwoman » -une fille de la fange — et pour échapper aux limbes ténébreux d'une enfance sacrifiée. Un roman magistral, où notre condition est confrontée à la sauvagerie la plus sordide et où une naufragée s'escrime à marcher vers la lumière, vers son salut, afin de transformer en or la boue de ses origines.    818.54 / O11m

Source : www.lexpress.fr

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