Les cours sont suspendus au campus de Carleton-sur-Mer pour toute la journée. Le cégep demeure ouvert.

 

Modifications au programme de l'expérience québécoise : des effets négatifs pour les cégeps de région et leur communauté

En réponse aux modifications apportées au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) par le gouvernement provincial, le Cégep de la Gaspésie et des Îles veut informer le gouvernement des répercussions négatives que ces changements auront sur les cégeps de région et leur communauté. Ces changements fragiliseront tant l’offre de formation du cégep que le dynamisme culturel et économique de la région Gaspésie-les-Îles.

En créant une liste de programmes admissibles au PEQ, le gouvernement démontre son incompréhension des réalités des cégeps de région. Or, pour le Cégep de la Gaspésie et des Îles, le recrutement d’étudiantes et d’étudiants étrangers permet de maintenir une offre de formation diversifiée, tout en dynamisant le tissu social de la Gaspésie. « C’est entre autres grâce au recrutement d’étudiantes et d’étudiants provenant de l’extérieur du pays que nous pouvons proposer une offre de formations techniques variée. Ce faisant, les jeunes de la région peuvent suivre leur formation collégiale ici, ce qui en fin de compte encourage la rétention de ces jeunes en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine », explique Mme Yolaine Arseneau, directrice générale du cégep.

Pour la session d’automne 2019, c’est 110 étudiantes et étudiants étrangers, répartis dans huit programmes, qui ont fait le choix d’étudier au cégep de la Gaspésie et des Îles. Bien que la communauté étudiante étrangère actuelle conserve ses droits d'étude, le cégep prévoit que les nouvelles mesures du PEQ affecteraient 61 % de ces étudiantes et étudiants. « Des programmes comme Aquaculture ne font pas partie de la liste alors que cette formation est unique au Québec et qu’elle est donnée par une école nationale qui fait rayonner l’expertise québécoise à travers le monde », souligne Mme Arseneau. Elle ajoute : « c’est également le cas pour le programme de Foresterie; ce programme ne se retrouve pas dans la liste, et ce, malgré le fait qu’il s’agit d’un domaine important avec de grands besoins de main-d’œuvre. Tous nos diplômés se font offrir un emploi à la fin de leurs stages ».

En plus de permettre le maintien de l’offre de formation, les étudiantes et étudiants étrangers dynamisent la vie pédagogique et culturelle du cégep. Pour Jean Gagné, directeur des études, la présence de cette communauté a un effet pédagogique bénéfique : « parce qu’ils ont une expérience autre, cela permet des échanges riches au sein de la communauté collégiale et apporte ainsi une relation pédagogique enrichissante entre l’ensemble de la communauté étudiante et enseignante ».

De plus, les modifications apportées au PEQ auront des impacts négatifs sur l’économie régionale. En limitant l’accès au PEQ, le gouvernement ne prend pas en compte que ces étudiantes et étudiants sont des acteurs engagés dans leur communauté : s’ils tournent le dos au Québec à cause de la faible probabilité d’immigration, cela aura des répercussions importantes sur la région. Les étudiantes et étudiants répondent à un besoin de main-d’œuvre important pendant leurs études, investissent dans l’économie locale et contribuent à la santé démographique.

Devant ces constats, le Cégep de la Gaspésie et des Îles travaillera en collaboration avec les acteurs politiques locaux, les autres cégeps, de même qu’avec sa communauté afin de sensibiliser le gouvernement aux répercussions négatives des modifications du PEQ.

Fier d’être ouvert sur le monde, le Cégep demande au gouvernement caquiste d’annuler ces mesures.